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Le futur que nous réserve-t-il ?
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La Caution
Les rues électriques
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L'Armée des 12
Cadavre exquis

La Rumeur
Le poison d'avril
Le franc-tireur
Le bavar et le paria
L'ombre sur la mesure
Regain de tension
Du coeur à l'outrage

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La montagne ça vous gagne

Oxmo Puccino
Opéra puccino
L'amour est mort
Le cactus de Sibérie
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Psykick Lyrikah
Derrière moi

Sept
Amnésie

Sept & Lartizan
Le jeu du pendu

Soklak
1977
Maow Airlines

Le poison d'avril

1. Le coup monté
2. Du déclin au défi
3. Blessé dans mon ego
4. De l'eau dans mon vitriol
5. Personne n'est moins sourd

 

Le coup monté
(Ekoué - Hamé - Mourad - Philippe / Kool M - Soul G)

Je suis le putain de faux contact, l'imposteur du mouvement,
La bombe aérosol qui fait des graffs en postillonnant.
L'homme qui se décrit pas, qu'on voit pas, qui foncedé,
Qui péra trop veugra avec un "pfff" sur les fau-dé.
Je prends le temps de me lever tôt et de chialer comme un mioche,
D'aller pleurer chez mon éditeur pour qu'il augmente mon argent de poche.
Je suis désagréable, le petit chieur qui veut sa ration,
L'obsédé du pognon, le bouffeur de biftons.
Je rêve de notoriété et de passer sur les ondes,
Et de rentrer au de-blé comme si je ramenais la coupe du monde.
19/04/75 : date de naissance. 1.9.9.6 : premier lance-roquette en direct de nul part.
Quelque part, peut-être, aux environs de la banlieue ouest.
Si tu veux savoir d'où je viens, pas de blême, je te le dirai.
La Rumeur c'est flou, peut-être bien que c'est fait exprès.
Tu me connais je me planque derrière, je protège mes arrières,
Mes virements de compte bancaire, mes grosses paires de Nike Air.
Matérialiste, j'ai pas le choix. Opportuniste, tant mieux.
S'emparer du milieu avec du hardcore plus vicieux.
Apparaître le moins possible pour moins paraître pour un con,
Les autres le feront à ma place, se chargeront de ma promotion.
Je suis l'agrégé de Sciences-Po des conversations de bistrot,
Diplômé d'argot littéraire, de vocabulaire de mé-pau.
Bélier dernier décan, rappeur juvénile :
Ekoué Todji, togolais, d'essence poison d'avril.

Laisse-moi faire valoir cette voix clairement hors du fatras de petites vedettes,
De pantins gesticuleux, de starlettes et consorts mielleux ;
Hors de ce show-biz, qui fait ses classes,
Où le peura apprend à donner son cul sans grimaces.
Laisse-moi quitter l'aile du silence pour celle du tapage organisé
Où ma plume plébéienne se plait à cracher son encre indélébile
La plus noire qu'il soit sur les blancs rouge-bleu-blanc de l'Hexagone,
Qui depuis trop longtemps nous met au ban,
Nous prédestine à demeurer silencieux,
Effacés, croupissants à défaut de besogneux.
Si le son tourne, il passe par m'impulser à quai.
C'est drôle, imposé, ou ils tiennent à nous tenir lié - c'est le cas.
Trop outrageusement ils ont exploité nos parents en guise de gagne-crouton
Débarqué à se courber au sale taff d'une reconstruction.
Les données, ici, ne sont plus les mêmes.
La parole est à moi, me la réappropriant
Je mène ma contre-offensive de cramé de la République,
Cette salope en bonnet phrygien prête à copuler avec le premier facho qui vient.
La moindre idée d'allégeance m'hérisse le poil, pue le rance.
En franc-tireur j'avance, trace et m'inscrit,
Et pour sûr entends bien ne pas avoir les faveurs du jury.

Mon visage parle pour moi, je suis la figure de Paria :
Teint basané, la barbe tracée, des traits qui tracent ma voie,
Comme être un esprit contraire à tout chose.
La putain de névrose de la vie intra-muros, mec.
Le métèque reubeu ne rabaisse pas les yeux,
Je suis fier de mon pôle contraire et de passer pour un véreux.
Mon phrasé acerbe, j'espère, servira mes frères.
En clair, autant qu'il m'a fait ne plus être un bouc-émissaire.

Un visage, un mauvais présage, classe d'âge : 22. A cet âge,
En banlieue on fume l'herbe de nos pâturages.
Plantation discrète : un mètre carré sur le balcon.
Le bitume et l'asphalte y pollue notre horizon.
On trouve la vermine, des rats dans la ville, la famine,
Très peu pour moi car je veux faire du fric avec mes rimes, gars.
Mais je n'ai pas l'intention d'édulcorer ma version,
Le B.A.V.A.R. ne traduit pas ses vers en chanson.


Du déclin au défi
(Ekoué / Kool M - Soul G)

Du déclin au défi, voilà ce que j'aurais appris,
Au moins, en vingt-et-une années dans un pays qui n'est pas le mien.
La ségrégation bat à son plein.
Des traductions truquées : "intégration sinon rien",
Opposées à des traditions trop ancrées.
La preuve en est mon nom, aucunement rebaptisé.
Une drôle de prononciation, une connotation gênante,
Arrive tout droit du pays, est pas répertorié.
Une mésentente dans les colonnes de ton calendrier :
Ekoué. Tu m'étonnes, mieux vaut rester aphone.
Ça sonne pas, et fout la merde dans tes quotas.
Du déclin au défi, une envie d'affirmer son être.
S'il faut être craint pour se faire reconnaître,
S'il faut mettre fin à des institutions suspectes pour qu'on te respecte,
Le défi est ouvert. Ma communauté est fière.
Trop terre à terre, trop endurci par la souffrance
De mes ascendances pour leur indépendance à raison,
Le maintien dans l'ignorance, la désillusion,
Devient la forme d'agression la moins efficace du colon.
L'immigré résidant en occident le comprend :
Plus il s'attarde sur les bancs, plus il s'éloigne dans leur enseignement.
Les connaissances accumulées deviennent les armes les plus solides
Si mes coutumes sont pas mises en danger.
Mes racines me guident, ma culture définit,
Le lien entre ma couleur et l'ampleur du défi.
Les outils sont les mêmes, les problèmes n'ont pas changé,
Ce sont les moins informés qui sont le moins bien équipés.
Du déclin au défi, ma fierté m'appartient, mon potentiel culturel me prête main forte
Contre n'importe quel sentiment de rejet que l'occident comporte.
Un élément nocif qui fait du rap à but lucratif,
Qui chante sous la pluie et étudie pour rester nocif.
Ekoué, le poison d'avril mon sobriquet,
Définit une stratégie qui consiste à m'infiltrer.
Un espion avec du rap comme occupation,
Un moyen d'infiltration, de communication de plus,
Sachant que les différents blocus deviennent très vite des tremplins.
Pousse ma vision loin pour améliorer mon quotidien.
Du déclin au défi, voilà ce que j'aurais appris,
Au moins, en vingt-et-une années dans un pays qui n'est pas le mien.

 

Blessé dans mon ego
(Ekoué / Kool M - Soul G)

Devant les cle-ons du bled, devant la famille,
Pas de hip-hop machin, pas de pantalon aux chevilles,
C'est sûr. Le genre de truc qui ne conçoivent pas de rigolos,
Plutôt une baffe dans la gueule et un aller Paris-Togo.
Car je suis un métèque - ça oui -
Mais je ne viens pas d'Italie, c'est sûr,
Mais d'une ex-colonie aujourd'hui sous dictature.
Ici, pas de temps à perdre copain,
Quand on a le pif dans la merde et l'épiderme d'un africain.
Mieux vaut se taire, faire ses affaires, prendre son blé,
Faire péter les diplômes ou se dépenser en faculté.
C'est comme ça, là-bas le peura ça veut dire quoi ?
C'est clair que pour la famille, j'ai pas le temps de jouer à ça :
"Tes amerloques, tu les laisses où ils sont !
Leur culture bidon, leur façon de foutre leurs pantalons.
En clair, ces années de sévices, de sacrifices,
C'est pas pour que tu grandisses
Et que la douce France t'applaudisse.
Ici, t'es en mission pas en clown, fiston,
En blacks qui chantonnent et apparentés à des clones.
Tant de bons et loyaux services et de boulots à contre-cœur
C'est pas pour que tu finisses une terreur chez les rappeurs."
Voilà, en clair, ce que la famille me répond
Quand je parle à la première personne et que j'hausse trop le ton.
En clair, ça ne demande pas d'explications, c'est fondé,
Le genre de raisonnement qui te cloue le bec à l'arrivée.
J'y songe car rien n'éponge un passé de rapatrié,
Des visas falsifiés, faux, des papiers de clando.
J'y pense, reste qué-blo et blessé dans mon ego.
J'y pense, reste qué-blo et blessé dans mon ego.

Refrain :
L'expatrié du coin te parle : "Eh quoi de neuf cousin ?"
A l'heure où trop de putes jouent la carte de l'assimilation,
Ici ou là, le même schéma, le même statu quo.
Perdu le cul entre deux chaises, seul face à mon ego.

Les vols archi-complets, express, charters UTA.
Des bagages à main rembourrés de colis pour les mamas.
Arrivée, température locale : 37 degrés nets.
Un léger vent sec souffle, le soleil frappe fort.
Les vêtements trempés, le corps mouillé à l'aéroport.
Changement de décor, ici, des militaires armés,
Une photo du président collée aux casquettes des douaniers
En vestes kaki, au regard apparemment froid,
Mais tranquilles avec toi quand tu leur ché-la des CFA.
Bref, état de déprime sous une chaleur maritime,
Torpeur unanime pour un putain de régime.
La famille m'attend, devant les grands-parents je me tiens droit.
Je l'écrase quand on me demande "est-ce que les études ça va ?"
Les compliments défilent, quelques cousins se parlent et me bré-chan :
"Qu'est-ce que c'est que ces sapes et ces manières de petit blanc ?
Des baskets en cuir, un jeans alors qu'il crève de chaud, négro.
Atterris où tu veux, pas au Togo,
Redescends sur terre ou barre-toi dans un 4 étoiles,
Plein de parisiennes à poil en train de faire de la planche à voile."
Conscient que le phénomène est inverse,
Que là-bas c'est pas les ressortissants français qui manifestent.
Chez moi, tout de même, avec l'adjectif franco -
Un putain de terme en trop qui me blesse droit dans mon ego.
Un putain de terme en trop qui me blesse droit dans mon ego.

Refrain

Le cul entre deux chaises, un permis de conduire aux frontières,
Ici, une carte d'identité française périmée. Mon gros nez,
Mes tifs crépus et secs annulent sa validité, c'est certain.
Après tout, je m'en fous, là où je suis vex'
C'est que le contexte actuel et dans lequel j'évolue me colle au cul.
Un statut de paria ici, d'intrus en cance-va au bled,
Une culture dissoute et corrompue de A à Z.
Beaucoup sont dans mon cas mais ne le revendiquent pas trop.
Aveugle ou parano, personne ne ment à son ego.
Aveugle ou parano, personne ne ment à son ego.

Refrain

De l'eau dans mon vitriol
(Ekoué / Kool M - Soul G)

Sur fond de Rythme & Blues, de samples de batteries,
Je crie dans ce qui me sert d'appuie, d'amplificateur.
Je crache mes rumeurs une par une, postillonne,
Et donne autant les jetons à Babylone
D'un ton provocateur que de coups bas.
Les sales faces de rats sont dorénavant là,
Les parias signés à rien sans statuts fixes parlent.
Des lyrics conscients, des textes francs,
Des mots qui font mal et un concept différent.
Je n'ai pas le temps de rien dire.
J'aspire à quoi ? Fuir le mouvement.
Traqué par les ouï-dire, les discours d'anciens combattants.
Désolé, pas de "yo représente" dans mes textes,
Je représente juste l'éducation que mon daron m'a donné.
Déjà suffisamment complexé comme ça
Du seul fait que je me complais ici-bas
Dans une discipline qui ne m'appartient pas.
Le blé comme principale motivation en fait,
C'est pas les puristes qui mettront de la bouffe dans mon assiette.
Rien à foutre, pas de sentiments l'argent ça sert,
Sans pour autant faire la putain en stérilisant mes vers, nan.
L'air de rien, si mon profil est détestable,
Cela ne m'empêche pas d'aspirer à une situation stable.
Bouffer aux tables des notables et consorts,
Et becqueter du homard et me faire des grosses couilles en or.
Alors écoute, j'ajoute à mon contenu un brin de sol
Et je ferai parler mes rumeurs avec de l'eau dans mon vitriol.

Refrain :
J'suis pas de ceux qui racolent mais de ceux qui font du vol,
Je ferai parler mes rumeurs jusqu'à ce que ma situation décolle.
Le contenu de ma fiole pleine de mots n'est qu'un symbole,
S'il faut je manquerai pas de foutre de l'eau dans mon vitriol.

Paraître n'est pas être. Si telle est la question,
Je sais que tout le monde se fait mettre devant un contrat d'édition.
L'illusion est parfaite, la mienne aussi : un gri-gri,
Les paris sont ouverts quand il s'agit de faire du racket.
Ici, ma recette une gachette, un zeste d'engraineur,
Une lunette de sniper pour toucher mes droits d'auteur.
De l'eau dans mon vitriol en poison d'avril,
Lapsus révalateur oui, chacun son raccourci.
Après tout, MC ou pas, je me fous de l'appellation.
Je ne donne pas mon cul pourvu que ça me ramène des ronds.
Dédicacez-moi ça me fait kiffer,
Amène-moi de la notoriété, présente-moi des tasspés.
Mieux vaut faire la part des choses avant de commencer ce métier :
Rester un passionné sans négliger le poisson caché.
Je ne sais pas, en tout cas, s'il faut en vivre.
En quelque sorte, je me dis qu'au royaume des légumes
Je ferais pousser des carottes, un point c'est tout.
Y'a pas si longtemps c'était "levez-vous",
En attendant je reste prudent car la SACEM me doit des sous.
J'estime que personne ici ne m'a mis le pied à l'étrier,
A cheval sur ce qu'il me reste de traditions à appliquer.
Le respect va d'abord à ma famille et mes proches
Et ceux qui resteront les mêmes le jour où j'aurai des grosses poches,
Pleines ou pas. J'en conclu, achève mon protocole,
Je ferai parler mes rumeurs avec de l'eau dans mon vitriol.

Refrain

Personne n'est moins sourd
(Ekoué / Kool M - Soul G)

Impur comme l'eau qui traîne dans les caniveaux de la capitale,
Un régal pour ceux dont la soif de mordre
Du brut de pomme pourri,
Une putain d'exorde avide de cracher des pépins
Quand il s'agit de foutre le désordre.
Alors quoi ? Il paraît que notre merde est un engrais,
Se fertilise dans le bitume et crée des ronces dans vos bouquets de fleurs de lys,
D'années d'Histoire de France vues et corrigées,
Rectifiées par la plume et le vécu de fils d'immigrés,
Raturées sur du papier blanc, écrites à l'encre de chine.
Un groupe apparemment commun qui se défend d'avoir l'échine souple.
Une parole oblique sur loop, un bruit, un mot qui fait peur,
Une démo simple et efficace pour sono amplifiée,
Deux têtes de lecture pour faire péter vos bandes armées.
Provoquer par des messes basses, embraser par nos dires,
Traduire nos pensées, s'affirmer dans l'art de contredire.
Ecrire, dire c'est bien, faire c'est mieux.
Peut-on paraître dangereux sans parler de pistolet à feu ?
S'inventer un passé de brigand,
Les proxos les plus chauds
Ont certainement autre chose à foutre que de parler de ça au micro.
Bref, l'objectif premier de La Rumeur est de circuler,
Personne n'est moins sourd que celui qui veut l'écouter.

L'art et la manière de faire chier et déplaire,
De booster et de faire d'un bruit de couloir un fait divers.
Informer en déformant, kiffer nos tracts sonores,
Faire songer par deux fois après l'écoute de notre ceau-mor.
La Rumeur, car elle traîne dans ton baladeur cassette, piratée ou pas,
Et quel que soit le format, le contenu est le même,
Seuls les sourds ne captent pas.
On ne ferme pas les grandes gueules avec des morceaux de sparadrap.
Une putain de langue de vipère, des textes similaires
A notre statut d'expatriés, d'amis des compagnies de charters.
Le cul sur un cactus ou un aller simple omnibus,
Une nationalité tenant juste à des prospectus. Ici, de plus,
Face aux décos et ce qu'on nous propose comme info,
C'est clair que La Rumeur tache et passe pour un ragot.
Les oublis dans les livres d'Histoire, les pertes de mémoire,
Les cicatrices d'Histoire que leurs informations réparent.
Bref, La Rumeur traîne plus que des mots et le sait.
Ces mecs qui ne foutaient rien de leurs journées ont trouvé une activité.
Pas pour le but de dissimuler, pour le plaisir de se la ramener.
Personne n'est moins sourd que celui qui veut l'écouter.

Il y a des vérités qui dérangent, que l'on délaisse.
A croire qu'ici il n'y a que la contre-vérité qui blesse.
Le maintien des dictatures en terre africaine,
Des valises pleines pour les diplomates déguisés que Paris amène.
Au bled, c'est "ferme ta gueule", ici, c'est "cause toujours pour rien",
Ou bien tu la fermes ou tu craches ton venin.
Rien de comparable avec de la politique, ça ne reste que de la zique,
Un moyen pratique pour revaloriser son éthique.
La Rumeur, les éléments moteurs qui la composent
Disposent d'un temps de parole suffisamment limité
Pour prouver que cette Rumeur là peut être bonne à écouter.
Personne n'est moins sourd que celui qui veut l'écouter.

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