Assassin
Note mon nom sur ta liste
Le futur que nous réserve-t-il ?
L'homicide volontaire
Touche d'espoir

Casey
Libérez la bête

Iris & Arm
Les courants forts

Kamasoundtracks
Soul'Sodium

La Caution
Les rues électriques
Asphalte Hurlante
Crash Test
Peine de maures
Arc-en-ciel pour daltoniens

L'Armée des 12
Cadavre exquis

La Rumeur
Le poison d'avril
Le franc-tireur
Le bavar et le paria
L'ombre sur la mesure
Regain de tension
Du coeur à l'outrage

Olympe Mountain
La montagne ça vous gagne

Oxmo Puccino
Opéra puccino
L'amour est mort
Le cactus de Sibérie
Le Lipopette Bar

Psykick Lyrikah
Derrière moi

Sept
Amnésie

Sept & Lartizan
Le jeu du pendu

Soklak
1977
Maow Airlines

Regain de Tension

1. L'encre va encore couler
2. A nous le bruit
3. Ils nous aiment comme le feu
4. Soldat lambda
5. P.O.R.C. (Pourquoi on resterait calme)
6. Inscrivez Greffier
7. Nom, Prénom, Identité
8. Paris nous nourrit, Paris nous affame
9. Les mots qui me viennent
10. Quand le diable est au piano
11. Maître mot, Mots de maître
12. Nous sommes les premiers sur...

 

L'encre va encore couler
(Ekoué / Soul G)

La Rumeur, deuxième saison,
Pour un putain de regain de tension, attention !

J'arrive dans ce métier avec toute ma tête,
Premier maxi l'horloge s'arrête en 1997.
Je suis un de ces mecs de cette génération
Pas encore corrompue par le biffeton.
Quitte à faire de l'argent sale plutôt que du commercial,
En sachant bien où les deux te mènent,
Nulle part si ce n'est au chtar, tu connais par cœur la rengaine.
Parole d'un caïd du milieu rap, mon écriture colle à la réalité,
Mon style est difficile à capter comme mon vice,
Facile de s'adapter au beau milieu des novices.
Tu me diras on fait tomber les euros à notre manière,
C'est-à-dire en silence comme des gangsters.
Retiens bien ce que je te dis, pas besoin que je simplifie.
On scrute le show-biz de la lunette d'un famas,
S'attire les foudres de la censure, c'est comme ça qu'on ramasse.
Et si y'en a que ça gêne, c'est qu'ils sucent vulgairement,
Parce qu'il paraît que c'est dans l'air du temps.
C'est le monde à l'envers,
Même les pires you'voi deviennent des suceuses de première.
Putain, c'est le monde à l'envers, comme ça part en couilles
Et c'est pas le moment de venir nous chercher des embrouilles.
La politique ou le nerf de la guerre du fric ne m'intéresse pas de loin ;
Cependant, je reste un africain, armé jusqu'aux dents
Et il n'y a rien de mesquin là-dedans.
Détrompe-toi car trop de savoir est dangereux,
Tu n'imagines même pas mec, aucun contrat à l'air libre
Quand tellement de frères galèrent pour trouver une distrib.
Personne ne nous dicte notre conduite,
Ni les grosses radios ni les autres blaireaux accrochés à leur bite.
Tu peux parler de La Rumeur avec un air dégoûté,
C'est que quelque part, elle dit la vérité
Et toutes les clés en mains pour que l'émeute parte
De ce côté de la carte en 2004.


A nous le bruit
(Hamé - Ekoué - Mourad - Philippe / Soul G)

Refrain :
A nous le bruit et ses effractions en série,
son sous-sol, ses clés d'acier et ses clefs de sol.
A nous le bruit, à nous le bruit et ses effractions en série.

Jette-moi huit mesures à souiller comme huit murs,
Assaillis d'enflures sur des aires de raclures.
Au programme du sulfure pur sur quelques figures
Qui reniflent à quatre pattes la moindre de mes ratures.
Un œil de "arbouche" d'où je fais le point et fais mouche,
Une seule cartouche et à la fin de l'envoi je touche.
Régale-toi catin, j'ai la rancune comme une enclume
Et préfère de loin le kilo de plomb au kilo de plumes.

De quoi les stups se mêlent ?
Si je fais de la musique comme du narcotrafic
Parce que traqué jusqu'à la race
Depuis que j'ai eu le malheur de laisser l'empreinte de ma trace
Sur des sons qui descendent des caves, un beat, une basse funky.
Et me voici en terrain conquis,
Admirez un peu comment nos détracteurs
Bouffonnent au premier coup de feu.
On nous écoute dans le doute,
C'est ça La Rumeur,
Amuse-toi à lui barrer la route,
Je vois des gouttes de sueur.

Refrain

Attaque sourde, attaque fourbe, arme lourde tout autour de moi
Et à la taille de la mitraille, et en détail,
Et en cela je place syllabes et phrases pour armes,
Pour en mettre en victuailles les vendus sur la paille.
Harassés, affamés, affalés et à l'usure de cette prod,
Epuise les chiffres des combinaisons de ton code.
Quant au solde, bonne question,
Je viens récupérer les murs, le bail et le sol.

Issu des circuits clandestins et de quelques milieux opaques,
Parfumé au nitrate, obstiné devant l'obstacle,
Enfant de l'asphalte dont on n'écoute que les déflagrations,
Te fais la guerre sans aucune déclaration.
Toujours debout malgré les coups, trou de balle,
Quand le tout répressif choisit ses plus belles balles,
Je suis cette peur ancestrale dans leur jeu cérébral,
Furieux dans la diaspora
Et que comprenne qui pourra.

Refrain


Ils nous aiment comme le feu
(Ekoué - Hamé / Soul G)

Encore des sueurs froides pour la major
Et pour les flics de la confiture pour les porcs.
Peut-on truander le fisc comme une maison de disque
Et pas que pour l'amour du risque ? Je suis sceptique.
C'est vrai qu'à ce niveau-là, on tient beaucoup de ces quidams,
Admirateurs de tam-tam puis employeurs sans état d'âme.
Ça nous fera toujours des points communs,
Allez une franche poignée de mains et on oublie
Comme on a tous failli d'où l'on vient et on survit
Dans la niche du chien.
Tout seul, apprends à fermer ta putain de gueule
Même si le soir c'est bruyant,
Dans certains endroits de la capitale
Même enfoncé dans ma capuche le regard fuyant.
On n'est jamais à l'abri d'une balle de la police
Comme du côté de Dammarie-les-Lys.
Les frères ne rêvent que de rester entiers,
N'allez pas vous imaginer autre chose,
Connaissent la misère du travail en chantier,
Pendant huit heures de suite avec une heure de pause.
Alors écoute quand je te cause, à l'instinct du quotidien,
Même si ces mots qui me viennent n'ébranleront jamais la volonté des anciens
Qui pour manger et boire ont connu les cours du soir,
Risqué le purgatoire de la clandestinité, de ce côté de la Méditerranée.
Ma musique porte cette empreinte, qu'on le veuille ou non,
Quand toute ma génération s'esquinte sur le béton,
C'est toute la différence - elle est belle la France.
Et qui me parle de ceux qui n'ont pas eu cette chance,
Entre les mains sales suffisamment tôt
Et déjà des rides sur la peau ou alors les poches vides
Mais les reins solides
Pour tous les sales boulots.

Refrain :
Ils nous aiment comme le feu,
Dites-vous le,
On se fait plus d'illusions.
Ils nous aiment comme le feu,
Et ouais dites-vous le,
Je suis ce feu qui se déclare dans un champs de coton.

Ils nous aiment comme le feu,
On se défend comme on peut,
Comme on croit, comme ça vient,
Comme on refuse une collier pour chien.
Rien, je n'ai rien de plus à offrir,
Rien de mieux à écrire
Qu'un peu de prose trempée d'alcool à brûler,
Qu'un peu de crache raclée dans le fond du gosier.
On fauche bien les blés pour le grain,
Nos grandes gueules le seront pour l'exemple
Et deux procédures pénales nous aboient dessus ensemble.
Elles ont le goût de la merde fraîche, elles y ressemblent
Et sont bien drôles pour qu'on en tremble.
Que veux-tu ?
Malgré leur laisse au cul,
On empêche pas les clébards à l'affût
De pisser au pied des statues.
Fiche-nous si tu veux, juge-nous c'est mieux,
Mais garde tes paniers de crabe,
Tes miettes de table ou tes strapontins de sable.
Il y a une charge instable au bout du câble
Quand le présent se parfume d'une oraison future,
Quand il se résume à conjuguer plusieurs milliers de blessures
Parmi les bennes à ordures.
On ne marchande pas,
On frappe fort plusieurs fois jusqu'à se tenir complètement droit.
Et ça n'étonnera que les sourds,
Les aveugles ou les muets, vieux,
Ils nous aiment comme le feu.


Soldat lambda
(Philippe / Soul G)

Paraît qu'ici tout nous oppose,
Tout comme ces 3cm2 de voile plongent dans la psychose
Chez certains porcs mariés à des truies,
Offusqués par autant de sans papiers,
Squattant l'église, pourquoi pas des mosquées !?
Parlons d'églises occupées
Au nom desquelles territoires, colonies
Et combien de têtes coupées ?
Nos terres colonisées, nos pères terrorisés,
A quoi est-on autorisé l'esprit lobotomisé ?
Vaincus, évangélisés, certains font semblant,
Chient sur leurs semblables tout en rêvant d'être blancs.
Mal blanchi, tire un trait sur un passé sanglant,
Ceux qui savent restent noirs et sont chauffés à blanc.

Refrain :
Comme au solfège, une blanche égale deux noires.
Du haut de leur siège, un blanc égal deux noirs.
Le fond de mon âme est noir et accablant,
Soldat lambda qui ne tire jamais à blanc.

Ils aiment nous comparer aux singes,
C'est ce qu'ils disaient à grand-père, grand et fier,
Vêtu d'un de ses plus beaux linges,
Insoumis dans les gênes, se tenant droit comme un i,
Sur le sol du pays, l'œil qui désobéit.
Demande à tes vieux, les zoos de Paris, fin du 19ème,
Ces cages où ils exposent animaux et familles africaines.
Et leur gâteau s'appelle tête de nègre,
Et j'en dégueule encore et garde un putain de goût aigre.
Intégrale, sale nègre et un de plus qu'ils ont pas désintégré,
Des intérêts même sous zéro degré.
Malgré les intempéries comme les insultes,
Au casting toujours pas de négro comme dans ta série culte.

Refrain

Leurs histoires de gaulois polluent mon enfance,
Je suis comme cet éléphant que la contrebande blanche
Prive de ses défenses.
A nous le marché noir, ils peuvent broyer du noir,
Je suis ce putain de mouton noir qui franchit la ligne blanche.
Blanche lumière, blanche innocence ou comme la pureté de leur came
Et pourtant qui les français accablent ?
Y'a le sida et les abeilles qui tuent,
Pour eux noir égal crime, drogue et femme qui se prostitue.
Certains "boayes" crient "y'a bon banania"
Et en bon piranha lâcheront pas le pétrole, le sucre et les minerais.
Bref, ces enculés prendront tout ce qui y'a,
Est-ce que les plus grands voleurs ont connu le commissariat ?


P.O.R.C. (Pourquoi on resterai calme)
(Ekoué - Hamé - Philippe / Soul G)

Le champs est libre comme l'air,
Toujours le même calibre
Mes chers confrères,
Dans la main pour tuer
Et ne plus dissuader
Quelques fils de putains
En travers de notre chemin.
La coupe est pleine
Et oui on crache dans la soupe
Et sur les sales groupes,
Et que quelqu'un se la ramène.
J'ai toujours pas retrouvé le sourire
Ni ce Dancefloor de salopes,
Du rap et du R'N'B non stop.
Ici le style et autant de scrupules
Qu'une maison d'arrêt qui brûle,
C'est dire comme ça craint le pire,
Comme ça sert à rien de nous ralentir.
Je peux encore vous surprendre
Car aucune stèle sera assez grande
Pour qui se branle sur nos séquelles
Comme des pucelles
Ou se rendent complices
Des parties de ball-trap de la police.

Refrain :
Pendant que la censure peine de tous ses efforts
Et que d'obscurs syndicats de porcs,
En cas d'encombrantes bavures invoquent le coup du sort
Et nous convoquent leur état major.

Bref, rien de nouveau sous le soleil,
Les mêmes vieilles chiennes
Sur leurs vieilles piles d'oseille,
Ces bonnes vieilles lois
Pour nos bons vieux trous à rats,
Un extra cette fois,
Un trophée ces derniers mois.
Une portée de gorets s'est coincée
Entre les mailles de mon filet,
J'y ai même trouvé un code pénal à tranche dorée,
Expédié par voie d'huissier,
Avec tous les bravos
De la place Beauvau.
Le pompon, la cerise,
Je crois ma plus grosse prise,
Ca me changera des frises
Et de la bouillie pour chats
Qu'on sert en grande fête foraine républicaine.
Ça m'inspire l'amour et la joie
Qui fait défaut à mes rengaines
Bien trop chargées de haine.

Refrain

Encore du rap de fils d'immigrés
Etranger à leurs codes,
Pourtant si familier aux flics
Et à leurs brutales méthodes,
Au rang des non alignés,
Qualifiés d'infâmes diffamateurs,
Encore et trop d'honneur
Qui nous distingue des amateurs.
C'est La Rumeur,
Quatre têtes à abattre,
Que les censeurs se rassurent,
Y'a pas que la mesure qu'on va battre.
2004 plein de haine,
Même interdit d'antenne,
Des centaines de détracteurs au cul
Que mon son préoccupe.
Je suis de ces braises pas éteintes
Qui crament dans leurs enceintes
Ou dans les plaintes de ces fils de "tainp".
Assis au banc des accusés
Puisque absent au banc des priorités,
La parole arrachée par les minorités.

Refrain


Inscrivez greffier
(Hamé / Soul G)

Je suis un arabe non daté, extrait d'une longue plaie grattée
Et d'un dressage raté par les chemins barrés.
Je traîne les marques typiques de fragments d'Afrique
Qui ont poussé sur le sol froid des briques,
Des grilles et des griffes périphériques.
30 piges d'absorptions toxiques
Et j'ai le souffle bref d'un vieux poumon sans frère,
Sans remède à sa fièvre, à l'extrême côté des tripes et des lèvres.
Au creux des cages de fer, chaque verrou a son horaire
Et l'heure me presse aux pulsions réfractaires les plus sommaires.
Dans le Paris des muselières, je marche l'arme légère,
Un pied de biche en bandoulière.
Une effraction intime, un keffieh noué à chaque rime,
Je trinque sec à la santé d'une émeute légitime
Et pisse un coup aux heures volées au fond du trou
Où j'apprends à me tenir debout
Sur ce mince fil qui manque de casser d'un coup,
Sur ce mince fil qui me sépare des fous.
Je suis un arabe repris, en sursis m'a-t-on dit,
Une tige d'ortie promise aux ennuis et qu'il en soit ainsi !

Refrain :
Inscrivez greffier,
Le prévenu n'exprime aucun regret !
Veuillez verser au dossier,
A charge pour dommages et intérêts,
Article 25 bis alinéa premier.

Ici, l'usage est de ramper et de lécher m'a-t-on répété,
Les yeux et l'âme courbés, à portée de pied.
Ici l'usage est d'apprendre à se tenir,
Comme on apprend à se voir souffrir,
Comme on pose des cadenas sur l'avenir.
C'est voté, vu et revu, je suis un arabe non avenu,
Rompu au grand art du tir à vue,
Une teigne connue des rubriques du chahut et des chasseurs d'intrus.
Et la peur me précède à chaque fenêtre ouverte
Où j'ai le malheur de mettre la tête et de planter ma silhouette.
Cette peur, son odeur, ses chiffres, ses penseurs, ses marchands,
Ses clients, ses balles sifflantes en châtiment,
Cette peur par milliers de programmes hertziens,
Son ministère, ses gardiens,
Cette peur au poids de plomb, par décret d'application,
Par folles exhortations à chaque veille d'élections,
Cette peur à la faveur du pouvoir et de l'argent,
Cette peur qui Fatalement finira par changer de camp.

Nous sommes des foules
A marcher les deux pieds couverts d'ampoules,
Des foules sous l'édifice en flammes,
A tant bien que mal dénouer nos drames.
Jusqu'à quand, combien de temps le ghetto restera-t-il aussi patient ?
Jusqu'à quand, combien de temps le ghetto restera-t-il aussi patient ?

Refrain


Nom, prénom, identité
(Ekoué - Philippe / Soul G)

Quant à nos chances d'insertion sociale,
Je préfère encore la franchise du Front National,
Une évidence que je pense partagée
Par tous les sauvageons de France prêts à tout saccager.
Vivre dans la hantise de se faire dégager,
Quand on l'extériorise, je comprends que ça puisse soulager.
T'inquiètes, on connaît le pedigree des gens
Qui aiment les immigrés analphabètes avec un fort accent.
Comment rester sobre ?
Je suis sombre comme un soir du 17 octobre,
Triste évènement sanglant déjà quarantenaire,
Gardez vos plaques et vos bougies d'anniversaire.
Et oui, on brûle la vie et qui nous pousse à le faire ?
Regarde-moi dans les yeux,
Le frère est dissuasif comme une arme à feu.
Ecoute, on a prévu d'acheter mon silence
Avec les ballons de foot de l'équipe de France,
T'as cru que j'étais une pute ou l'amant de ta mère,
Pendant qu'on y est dans les insultes, notre histoire s'arrête à l'âge de pierre.
Le poids de ces mots révèle des certitudes
Avec lesquelles je devais dealer pour percer dans mes études.
Et si aujourd'hui ce que je chante
Peut vous paraître peut-être d'une pauvreté affligeante,
Quand il y a de l'agressivité en face,
Obligé de parler sur le ton de la menace,
Question de dignité,
Et par extension mon nom, prénom, identité.

Refrain :
Et par extension, mon nom, prénom, identité
Pour qu'on en perde tout nom, prénom, identité.

Enarque ou en Polytechnique qu'on formate à leurs techniques
Me disent complexe comme un conflit ethnique.
Et dans ce contexte, j'ai des réflexes de colonisé en retard,
Tellement à part dans notre "te-men-apar".
Et l'apartheid commence là où s'arrête ma liberté
Avec ces putains de flics venus tester ma fierté.
J'ai déserté les terrains de jeu quand je me suis rasé la tête,
Danger pour les autres que l'uniforme arrête.
Que tu sois pour ou pas, quand l'engrenage s'enclenche,
J'égraine le compte à rebours devant la police blanche.
Témoin d'un étrange mariage entre le sang et le béton,
Tout ce à quoi nous assistons, tous assoiffés de biffetons.
C'est pas si grave, ils te diront d'aller voter,
D'oublier toute forme de révolte et ses mauvais côtés.
Sauter les cases et les classes et sans diplôme pas de taf,
Tu peux nettoyer la crasse sans "faf" ou sans orthographe,
Toi qu'on agrafe en essayant de survivre,
Dans leur fief, dans leurs griffes, dans leurs lois, dans leurs livres,
Tout comme nos terres qu'ils disent endettées pour mieux racketter,
Pour qu'on en perde tout nom, prénom, identité.

Refrain


Paris nous nourrit, Paris nous affame
(Ekoué - Philippe - Mourad - Hamé / Soul-G - Serge Teyssot-Gay)

Bienvenue dans ce monde ivre,
Au milieu des rondes de nuit, sa race,
Qui aiment me suivre à la trace, repérable parmi cent
Quand la musique de mes semblables s'entasse dans la boîte à gants.
Quelques rayures sur mon fer ne m'empêcheront pas de rouler
Toi qui n'a rien trouvé de plus intelligent à faire.
Bienvenue dans ce monde ivre,
Là où il va falloir me suivre, en stress j'en conviens,
Ici les feux de détresse ne sont jamais éteints.
Etonnamment serein malgré le cheminement
Des douilles et des embrouilles d'un autre degré.
25 plaques sur jantes rutilantes cousin,
Je ne jurerai pas ce que tu claques et où tu te planques
Pour remonter la pente sans les moindres pépins.
Paris aussi me nourrit de ce qui brille et m'affame,
Moi et ma famille avec ce que je crame
A brûler des toxines parfois en bitumant
Puis recracher la nicotine des pots d'échappement.

Bienvenue dans ce monde ivre, respire et fais ton testament,
Dis à cette connasse de vie, vas-y on reste amants.
Devant la faux du squelette, y'a plus de place pour les désistements
Et les fossoyeurs creusent constamment.
Paris pollué avec du pue dans les artères,
J'ai vu son putain de cancer évoluer,
Et dans ses poches trouées Durex et Subutex.
Cherche pas à trouver d'où vient la saleté du texte,
Inspirée du contexte qui pue l'hostilité, la criminalité.
Bienvenue dans ce monde ivre,
Paris nous gave et nous prive sur chacune de ses rives,
Soit tu restes une épave, soit tu vis sur le qui-vive.
Sais-tu à quoi on se livre pour essayer de survivre
Jusqu'au signal quand résonnent les tambours et les cuivres ?
Puisqu'ici dans la zone tous les jours ça arrive,
Et malgré tous nos chromosomes récidivent.

Refrain :
Tout à portée de mains, rien entre les mains,
Paris nous nourrit, Paris nous affame, Paris nous tient.
Et si tes neurones peuvent suivre, bienvenue dans ce monde ivre.

Et si Paris nous nourrit jusqu'à la gueule,
Je ne suis pas le seul, les bouches pleines se retiennent ou bien dégueulent.
Et à l'accueil, les serpillières se dévoilent faibles,
En quête de quoi rassasier leur soif du bout des lèvres.
Paris crève, Paris affame aussi,
Paris rejette les affamés de la nuit.
Remontrance musclée, remettre les ecchymoses droites,
Les balafres sont retaillées et les genoux se déboîtent.
Au bout de dix marques, un gain de vie en en retour,
On te charcle les côtes, une cicatrice fait le tour.
Tout le monde court et peu de perspectives,
Une clef de bras et bienvenue dans ce monde ivre.

De ce côté-ci Paris regorge de cages pleines,
Sales comme cet énorme égout qu'on appelle la Seine.
Faire son trou en se palpant le pouls sous les jupons de laine
De cette putain mondaine, sans même lui bouffer la couenne.
Que du bon engrais pour ma graine de schizophrène,
Paris me bout sous le crâne, Panam nous affame,
Nous épluche des poches à l'os, des couilles à l'âme.
Dans l'urine ou l'urée et le chômage de longue durée,
Ses rejets de fumée n'oublient jamais de parfumer
Les vies au rabais à dégager vers ces couronnes,
En 3, 4, 5ème, 6ème zone.
C'est comme ça qu'elle traite son arthrose et ses névroses,
Qu'elle se paye son Bottom, son crack, son Valium.
Paris me colle au cul, me coule au cœur
Comme un cholestérol fumeur,
Et pourtant j'en ai pincé à ces rares heures
Où cette salope fut comme une sœur.


Les mots qui me viennent
(Ekoué / Soul G)

Ce sont les mots qui me viennent,
Je ne suis que le porte-parole de la mienne.
Et oui, je siffle la marseillaise et je te baise,
C'est comme ça, tout comme les hommes d'Etat évitent les QHS,
Avec nos euros en plus quand c'est trop chaud pour leurs fesses,
Au nom de quoi mais je déstresse,
Un verre de rhum plus Cohiba comme Vergès.
La vie vaut la peine d'être vécue, honnêtement qui l'eût cru ?
Mais comment veux-tu, à part à Monaco,
Avoir mes coins de paradis fiscaux
A jardiner même avec les RG au cul toute la journée ?
Quitte à porter le chapeau quand on m'auditionne,
Autant que ce soit comme Al Capone !
Déferlante de contrebande de rap, depuis que les gens ont des oreilles,
Je me prive de sommeil, écris des petites merveilles,
Reprend des rimes vieilles de quatre ans,
Devant lesquelles la concurrence bégayera mais reviendra en travaillant,
Sûrement aussi "du-per", nous on écoute que nos potes et c'est super.
Longue vie à eux et aux gars de leur "tess",
Y'a pas 36 000 façons de verrouiller le business.
Plus ils nous emprisonnent, plus je leur empoisonnerai la vie,
Heureux dans mon cliché, moins ils nous cautionnent,
Plus ils vont en chier man, verront qui est le kissman.
J'aurai toujours mon mot à dire,
Je vais pas te mentir
Et même s'il faut que je te marche dessus.
Ok, j'ai pas dit que j'étais un exemple de vertu
Mais entre nous, qu'est-ce qui tient le monde,
A part le fric et la politique ?
Réfléchissez deux secondes, rien !
On est bien d'accord et je suis sérieux,
On peut commencer à en parler comme des mafieux,
Entourés de michetonneuses à nos bras,
Si putes si soumises et heureuses comme ça.

Refrain :
Ce sont les mots qui me viennent,
Que l'on accuse à tort d'inciter à la haine.
De toutes façons, y'a que des hyènes,
Des chiens et des chiennes
Qui pour une place au soleil font la file indienne.

Les jeunes n'ont plus de recul
Ou plus rien dans le crâne ou simplement les deux,
Réfléchissent comme des ânes et agissent comme des bœufs.
Nous on rêve de quoi ?
D'avoir des mômes qui fassent pas chier
Et se mettent au lit après manger,
Comme des fonctionnaires,
S'ils veulent du cash pour leur anniversaire.
Parce qu'il est vrai qu'il existe en France
Un certain nombre de reptiles tapis dans l'ombre de mes bénéfices,
Derrière mes amendes SNCF et celles de la police.
Bref, ma vie c'est pas le grand frisson qui vous rattrape
Mais juste une bonne leçon de rap.
Et oui monsieur, déjà prohibé d'entrée de jeu pour des appels à outrage
Et ce à peine sorti des cartons d'emballage,
Mes rimes sont belles comme des scènes de pillage,
C'est pour ça qu'elles courent les rues malgré les barrages de flics.
Parlons peu, parlons cru, puisqu'on nous toise de la tête aux pieds,
Nous recommande de se taire, de se laisser palper
Comme on si on avait la bombe nucléaire.
Quitte à rapper autant que ça rapporte du fric
Et que la polémique rapplique, je suis habitué,
Parce qu'elle taffera pour moi comme une prostituée.

Refrain

Ce sont les mots qui me viennent,
Je ne suis que le porte-parole de la mienne.


Quand le diable est au piano
(Philippe - Ekoué - Mourad - Hamé / Soul G)

Et puis on danse sur les sens interdits
Quand l'incendie chante une douce mélodie,
Applaudie et dis que t'en veux encore,
Si c'est faux dans les accords, peu importe si ça matraque fort.
Ils ont l'or et la chanson qui va avec,
Et un chef d'orchestre qui joue du plomb pour nous clouer le bec.
Ducon, chez nous l'argent rime avec urgent,
Genre, oppose la crasse à du détergent.
Or ils veulent qu'on plie, qu'on casse, ils veulent qu'on flanche,
Quand le diable est au piano et qu'il n'enclenche que les touches blanches.
Et les sales races entassées dans les préfabriqués,
Quand vient la chasse, allumeront les briquets.
Traqués dans ce putain de zoo, avec des chiens autour des os,
Dont les écoutes ont fait saturer le réseau.
Joue leur un do mineur et ils te feront un doigt majeur
Parce que la rue n'est qu'un incinérateur.

Quand le diable est au piano, dès ses premières notes
La mélodie du meurtre se heurte
Aux partitions morbides d'un homicide
Ou l'ombre sur l'instrument, sombre pressentiment naissant
D'une détonation claire qui me glace le sang.
Involontaire ou délibérée,
Quand le musique du chaos suit le mouvement saccadé,
La république s'écroule à nos pieds
Et nos chevilles ouvrières lui piétinent sa mère.
Quand la haine répond aux appels des sirènes stridentes
D'une symphonie instruite du bruit de la détente
Puisque comme vous dites nous sommes des parasites.
Réprimez-nous comme vous le faîtes,
Imprimez le deuil à nos sourires y compris pendant les jours de fête,
Réécrivez des pans de notre histoire entière,
Continuez à jouer avec nos nerfs.
Ce concert d'ironie noircira les mœurs
Doucement mais sûrement, au fil des heures
En attendant d'y voir plus clair
Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à faire.

Refrain :
Quand le diable est au piano,
Qu'il joue la note de trop,
Quand le piano est au diable
Ce que la corde est au cou des présumés coupables.

Quand le diable est au piano, les voix s'éraillent, s'écorchent,
Les peaux s'arrachent et s'offrent en images et en strophes.
Il tombe des cordes, prêtes à nouer le désordre,
Les sonorités se tordent sous de sales mots d'ordre,
C'est pas faute de vous avoir prévenus,
Contrairement aux somations, avant ces balles perdues.
Le verre se brise et le sang rougeoie au mur,
Le cuir s'ajoute au cuivre et les fils à l'ossature.
La chair dans un éclair se sert en fil de fer,
Humide qui s'agrippe à la prise terre.
Les gammes s'affairent et s'enflamment crescendo,
Avec la douce violence du verbe à fleur de peau.

Quand le diable est au piano, l'accord est comme une faux,
Un genre de coupe-nuque au bras d'un vieux bourreau,
Symphonie blanche, belle comme un échafaud,
Alphabet de la haine froide en guise d'ex-voto.
Tous pétés à la douleur de l'étau, l'encéphalogramme haut,
Nous sommes les fils des plus vieux barreaux,
Esthétique de l'embargo du berceau au tombeau,
Héritage du fouet pour histoire sur pied-bot.
Mais qui se paye notre peau ?
Qui nous crache d'en haut ?
Qui a le trousseau de clefs au cachot ?
Et tout ce bordel ne me parle plus qu'à demi mot,
Quand il me résume le monde par un seul écriteau :
Une voie, deux trains, trois raisons de prier,
Avant de courir te foutre à l'eau.
Sur une portée recto-verso,
A la faveur d'une insomnie de trop,
J'ai vomi les partitions du diable en solo.

Refrain


Maître mot, mots de maître
(Hamé / Soul G)

Ces mots plein l'écran, en boucle en grand,
Des cénacles aux plateaux, des plateaux aux éditos,
Ces mots comme l'hymne royal de la fringale des squales, ces mots,
Ces serres, ces crocs exonérés d'impôt sur ma sueur et sur ma peau,
Flexibles et souples, privatisés au double,
Ces mots qui ne laissent rien, laissent crever, laissent faire,
Ces mots qu'on tire tout chaud de la cuisse d'un Francis Mer,
Ces mots qui ont le bâton, le bras long,
La sympathie du fisc et les fluctuations du CAC 40 pour horizon,
Ces mots qui montent en grade selon la marge et l'offre,
Ces mots qui montent la garde de chaque côté du coffre,
Ces mots qui traquent mon froc, ma thune et mes allocs,
Mes pauvres 507 heures et mon ticket modérateur,
Ces mots qui se marrent déjà du peu qu'il restera
Et qui te soufflent que le beau gâteau là-bas n'est pas pour toi.

Refrain :
Maîtres mots et mots de maître,
Maîtres mots à suivre à la lettre,
Ordre des mots et mots de l'ordre,
Ordre des mots dressés pour mordre.

C'est mots dans le barillet des sécurités
Qui retrouvent ma trace et ouvrent la chasse,
Ces mots sans sommation, sans scrupule ni regret,
Ces mots à te faire peur, ces mots à te faire taire,
Ces mots qui regardent ailleurs quand Habib est tué à terre,
Le 9 bis pour tout drap mortuaire,
Ces mots qui ont dans la poche un juge et une quinte floche,
Ces mots qui ont dans l'œil la poutre d'une guerre sans deuil.
Souvenirs au cri du temps béni des colonies,
Pour peu qu'on gratte, pour peu qu'on se batte,
Pour peu qu'ils craquent,
Ces mots quoiqu'on y fasse qui refont toujours surface,
Ces mots, ces coups, ces coupables désignés,
Ces Mohamed, ces moricauds,
Ces mauvaises bêtes à mauvaise peaux,
Ces mots mors que je portent si bien qu'ils collent à mon ADN,
Ces mots que je porte si loin qu'ils en deviennent des chaînes.

Refrain


Nous sommes les premiers sur...
(Ekoué - Philippe / Soul G)

La Rumeur, groupe qui milite depuis le début,
Aux antipodes de ces groupes de merde qui ont déçu
Et qui gèrent leur fin de carrière avec des godes dans le cul.

Poète vandale, ok, Ekoué ne se travestit pas,
Orphelin dans ce milieu de putain,
L'expatrié du coin te parle, cousin.
Dans la palabre des infâmes pour que les esprits s'enflamment,
Né prédateur, d'accord, presque toujours isolé mais jamais muselé.
Les couilles sur la table des négociations, avec les autres trouducs
Que les playlists des radios ont transformé en eunuque.
Ce fut écrit noir sur blanc, pédale,
Reste chez toi au chaud : ne sortez plus sans votre gilet pare-balle !
Plus rancunier qu'une rumeur tu meurs.
Combien de mecs se défroquent pour passer sur Skyrock ?
C'est une bien triste époque qui commence pour vous ;
Désormais la parole sera à des groupes comme nous.
L'hérésie gangrène avec poésie.
A chacun son fusil,
Et même si le mal est fait
J'écris qu'en mollardant sur l'imposture, keu-mé.
Quand la censure frappe de plein fouet,
Mon rap se braque, mes prescripteurs me raquent.
Je mets sur ma liste - encore incomplète -
Le sort de la tête de journalistes de la presse spé,
Bercés d'utopies, condamnés à morfler ou revoir leur copie.

Refrain :
Nous sommes les premiers sur le rap, fils de pute !
Cette poignée de non-alignés qui commencera par buter
Rappeurs, DJs et producteurs zélés
Regardant le ciel s'assombrir au-dessus de leur tête de traître.

Ok, ok, observe le B.A.V.A.R.,
Un de ces damnés de la terre aux paroles incendiaires,
Hier, sous le joug de la traite négrière.
Faut-il que je traite leur mère
Pour que ces putes s'affranchissent de la porte d'Asnières ?
Aère les chiottes si tu viens de chier un gros cake,
Et laisse ton single de merde que je me torche le cul avec,
Et fais courir le bruit que dans l'industrie
Du disque on fera couiner les truies.
J'suis le musée des horreurs à moi tout seul, fillette.
Demande à nos censeurs pourquoi ils flippent dans leur tête.
Et toi baisse le regard et ton falzar devant ton agent,
Si tu te demandes où est passé l'argent pour lequel tu te prostitues.
C'est dur ? A qui le dis-tu !
Décroche et prends cette dose comme substitut.
Et puis passe-moi l'étoffe, la bouteille et l'essence
Que je te montre comment ces enculés se balancent dans tous les sens.
A l'aide de textes très crus dans son placard, bâtard,
C'est La Rumeur en extrait qui t'insulte exprès.
La haine se lit dans les traits et t'annonce un sale futur,
Et pour les traîtres des points de suture.

Refrain

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